Pour les 20 ans de Dreamland, la Ville invite Reno Lemaire et Terrence à l'espace Bagouet

16-10-26 - 14:30
En 2006, le dessinateur montpelliérain Reno Lemaire, alors lycéen au Mas de Tesse et fan de manga, avait créé son propre univers à partir d'un héros évoluant à Montpellier en partie diurne et plongeant la nuit dans un ailleurs appelé Dreamland. Deux décennies et vingt-quatre tomes plus tard, une exposition met en exergue cette saga qui a dépassé les 800 000 exemplaires et poursuit sa route à l'international.
Reno Lemaire et Terrence
Reno Lemaire et son héros Terrence, éternel lycéen d'entre deux mondes - © C. Marson
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D’abord, il y a Terrence, le personnage principal. À 19 ans, il est redoublant en terminale STG, option glandage, au lycée Jules Guesde. Et puis il y a sa bande de potes : Ève, même âge et en première année de Droit. Savane a 20 piges, il travaille au black ou vit de petites magouilles. Dernier élément du quatuor, Sabba est l’aîné de deux ans et il est en 3e année à Paul-Va’ en arts plastiques. Ils vivent le jour à Montpellier et, la nuit, basculent dans un autre univers : Dreamland. Cette série manga du Montpelliérain Reno Lemaire fête cette année ses 20 ans et c’est aussi la nouvelle exposition à découvrir à l’espace Dominique Bagouet jusqu’au 21 mars. 

Pour Régis Pénalva, directeur artistique et commissaire de l’exposition, c’était un choix évident. « Dreamland est la série manga la plus longue encore en activité (24 tomes publiés chez Pika de 230 pages) et la plus connue à travers le monde. Elle fait l’objet en ce moment d’une adaptation sur les plateformes en version animée. Le manga est un art véritable avec ses écoles, ses genres et ses légendes. On a l'impression, pour beaucoup d’entre nous, que tout a commencé avec le club Dorothée. Mais en réalité c'est évidemment bien plus ancien et même un des piliers aujourd'hui de notre culture populaire ». Et de rappeler que le manga c’est un livre sur quatre vendus en France, le second marché dans le monde après le Japon.

800 000 exemplaires écoulés

Dreamland est donc une inscription montpelliéraine. Dans les pages, on voit ses places ou monuments, ses échos de la rue et ses cafés en terrasse. Et tout cela est en mouvement perpétuel car l’œuvre a évolué. Le style de Reno Lemaire s’est affermi et des planches ont été redessinées. L’époque n’est plus la même, les technologies non plus. L’exposition montre très bien cela avec des dessins encadrés de toutes les périodes. Le mangaka montpelliérain est aussi un des rares dessinateurs dont les héros ont été déclinés en figurines alors même qu’au Japon, c’est très fréquent. Ici, aux quatre coins de la salle, elles sont présentées à taille humaine et c’est une invitation immédiate au cliché via smartphone. Dreamland, c’est aussi, ne l’oublions pas, 800 000 exemplaires écoulés, signe de l’adhésion du public.  

Pour le conseiller municipal Colas Valat, qui représentait le maire à la visite de presse, la Ville a eu avec Reno Lemaire une sorte de retour sur investissement. « En ce lieu tourné vers la jeunesse et le dessin, vous vous êtes inscrit dans les rues de la ville pour la faire ensuite rayonner au-delà de nos frontières. Montpellier a conduit vos pas et vous le lui rendez bien en l’envoyant partout dans le monde ».   

visite des élus
© C. Marson
Visite de presse
© C. Marson
élus au vernissage
© C. Marson
Plongée dans Dreamland
© C. Marson

Dreamland est ultra montpelliérain

Presque embarrassé avec tous ces compliments, Reno Lemaire a rappelé les débuts de cette aventure. Celle d’un fan de manga et de Japon, alors lycéen au Mas de Tesse. « C’était un petit mec du Sud né à Montpellier qui avait signé son petit manga de génération Club Do’ en 2006. Comme l’histoire se basait dans Dreamland et naissait vraiment à Montpellier, je voulais expliquer le quotidien des lycéens, l’âge où l’on est encore adolescent et où l’on doit devenir adulte. Au Japon, on le fait rarement. On fait des héros plus jeunes. Ici, quand un ado lit un manga japonais, il s’identifie à des lycéens qui ont des uniformes ou doivent faire le ménage dans la classe. C’est ce qui dénote avec Dreamland qui a l’habillage des gros shōnen manga comme Dragon ball ou Naruto mais où l’on voit évoluer à travers Terrence un lycéen qui a un crush sur une fille et doit passer son bac et qui est confronté à notre système éducatif. Dreamland, par son côté ultra français et ultra montpelliérain, en devient presque exotique dans tout le panorama des séries en librairie ». 

Au Japon depuis 2024 

Dreamland a aussi porté Reno Lemaire vers l’international et a fait de Montpellier une destination courue pour les études. « J’ai la chance d’avoir mon éditeur Pika qui me suit dans mes délires. Je suis très réceptif aux couleurs. Très tôt, j'ai négocié pour avoir 8 pages couleurs au début des tomes. Mon récit est contemporain. Je veux que le jeune de 15 ans, qu'il soit de 2006, de 2026 ou 2036, arrive à s'identifier ou à se reconnaître dans les personnages. Les Japonais ont découvert Dreamland et Montpellier il y a deux ans. Nationalement, j'ai roulé ma bosse. Mais c’est vrai qu’il y a pas mal de lecteurs qui me demandaient des tuyaux quand il fallait choisir une fac ou un pré-bac ou venaient m'avouer qu’ils avaient choisi Montpellier plutôt qu’ailleurs, parce que ça avait l'air cool ! » Plus fort que Parcoursup, il y a Dreamland !    

Terrence et sa bande de potes évoluant dans Dreamland
Terrence et sa bande de potes évoluant dans Dreamland - ©C. Marson

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